Les communes de
Preuilly-sur-Claise et Bossay-sur-Claise ont fait récemment l’objet
d’une étude dans le cadre de l’inventaire archéologique du Canton
de Descartes (Allilaire, 1995). Une partie des sites qui y sont
présentés avaient été communiqués par H. Thiennet et B. Walter. La
richesse en sites attribuables au Paléolithique Supérieur de cette
partie du bassin versant de la Claise, constituait l’une des
conclusions de ce travail. La prospection thématique
présentée tente de palier à ce manque. Elle développe un premier
travail, appliqué au bassin versant de la Creuse pour l’approvisionnement
en matière première lithique pour le Solutréen et le Badegoulien
(Aubry, 1991). Cette approche systémique peut permettre de valoriser
les résultats obtenus sur la fouille programmée des Maîtreaux, ou
lors d’études d’approvisionnement en matières premières lithiques de
sites du Paléolithique supérieur localisés dans des environnements
pauvres en silex (par exemple, les gisements de Fressignes ou de la
Garenne). L’acquisition d’un maximum de
données, à partir d’une prospection régulière et d’une
description systématique des assemblages lithiques nous semble
une première étape pour l’interprétation des modalités
d’exploitation et de diffusion de ces ressources en silex,
exceptionnelles dans cette région en limite méridionale du Bassin
parisien.
Cette étude a débuté par un travail bibliographique. En fait, les données sont rares ou peu exploitables comme l’illustre l’article d’Auguste Jollivet qui effectua des ramassages de surface dans la seconde moitié du XIXème siècle. Le bulletin de la Société Archéologique de Preuilly, Les Cahiers de la Poterne, qui rapporte quelques présentations de séries lithiques ou de pièces isolées, a fait l’objet d’une consultation exhaustive. Ensuite ont été minutieusement réexaminées les séries issues du ramassage de surface, conservées dans des collections particulières. L’état du matériel de certaines séries nous a parfois incité à retourner sur le terrain pour mieux apprécier la position topographique des sites et évaluer les menaces pesant sur leur conservation. Par ailleurs, des prospections
de surface ont été poursuivies et intensifiées dans un secteur
d’environ 10 km2 sur la rive gauche de la Claise à hauteur des
communes de Bossay-sur-Claise et Preuilly. Ces prospections ont été
effectuées en fonction des travaux agricoles, principalement au
printemps et à l’automne. Nos recherches se sont également portées
sur les escarpements karstiques des petits affluents de la Claise,
l’objectif étant de localiser d’éventuels abris ou cavités.
- Dans plusieurs cas les vestiges lithiques sont apparus lors de travaux touchant des dépôts non concernés par les labours normaux, nettoyage de fossés, prairie remise en culture (Les Maîtreaux), sillon plus profond en limite de parcelle (La Picardie, Le Paradis, …). Cette constatation ne fait que confirmer l’importance d’une prospection régulière. - les prospections se trouvent limitées par la présence d’un important secteur boisé. En raison d’un relief parfois accidenté ou de sols pauvres et humides situés sur le rebord des plateaux de nombreux espaces impropres à la culture sont laissés à la forêt. - Le ramassage de surface
fournit une quantité importante de matériel archéologique dans la
couche remaniée par les labours sans que l’on puisse localiser
des sites avec précision. Il s’agit, par exemple, du secteur
compris entre La Grange aux Moines et Beauvais où des vestiges
lithiques qui peuvent se rapporter au Paléolithique supérieur, sur
un diagnostic techno-typologiques, peuvent voisiner avec d’autres du
Paléolithique ancien ou du Néolithiques final.
L’observation de la carte de répartition des sites détectés en fonction de la topographie et du sous-sol géologique met en évidence : - l’absence d’indice de site associé aux affleurements calcaires dans les vallées secondaires. Ces affleurements possèdent un profil en équilibre et sont le plus souvent recouverts par des cryoclastes. L’observation des déblais de terriers n’a pas permis de mettre en évidence d’indice d’occupation. Il peut s’agir en fait d’un problème d’enfouissement des vestiges qui pourrait être testé par la réalisation de sondages de vérification; - l’implantation des sites correspond à des situations topographiques diversifiées, d’altitude, d’exposition, … - l’analyse du plan de répartition
révèle une relation nette entre la majorité des sites détectés et
l’affleurement des argiles de décalcification du Turonien supérieur,
formation qui contient des dalles de silex. Dans ce cas, les
assemblages lithiques recueillis montrent une sur-représentation des
nucléus relativement au support produits, qui suggére dans une
première hypothèse que l’on soit en présence de faciès spécialisé.
Toutefois il peut s’agir d’un biais lié au processus sédimentaire
d’enfouissement des vestiges. - l’existence de sites sur d’autres formations géologiques que le Turonien supérieur, soit sur les plateaux occupés par les formations tertiaires ou bien à proximité des terrasses alluviales de la Claise. Dans le premier cas les silicifications tertiaires n’ont pratiquement pas été utilisées et la présence de cette matière première ne peut être invoquée comme explication. Il s’agit probablement de situations variées, soit à proximité de la Claise (jamais à plus de 1 kilomètre des affleurements) soit sur des plateaux, peut être liées à des points d’observation. L’un de ces derniers (La Picardie) se trouve à 500 mètres environ des premiers affleurements de silex du Turonien supérieur et les conditions d’apparition des vestiges lithiques dans un sillon plus profond et enrobés d’un limon argileux, nous a semblé un cas favorable pour tenter d’obtenir d’autres données que celles des ramassages de surface. |
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